À l’occasion de sa participation à la quatrième édition du Forum mondial sur l’éthique de l’intelligence artificielle 2026, organisée à Riyad du 14 au 17 septembre 2026, le ministre de la Poste et des Télécommunications, Sidi Ali Zerrouki, a multiplié les rencontres bilatérales avec plusieurs responsables africains et un acteur majeur du numérique saoudien.
Ces échanges ont porté principalement sur la gouvernance de l’intelligence artificielle, le développement des infrastructures numériques, le renforcement des compétences, la cybersécurité et les services numériques. Ils témoignent également d’une volonté de favoriser une approche coordonnée entre États face aux grandes entreprises technologiques internationales.
Des échanges avec le Sénégal et le Ghana autour de la gouvernance de l’IA
Le ministre a successivement rencontré Samba Diouf, ministre des Communications et des Affaires numériques de la République du Sénégal, puis Samuel Nartey George, ministre des Communications, de la Technologie numérique et de l’Innovation de la République du Ghana.
Les discussions ont porté sur plusieurs axes de coopération : la gouvernance de l’intelligence artificielle, le développement des infrastructures, l’échange d’expertise ainsi que le renforcement des capacités dans les technologies émergentes.
L’enjeu dépasse ainsi la seule coopération technique. Les deux rencontres ont également permis d’évoquer la nécessité, pour les États, de rapprocher leurs positions dans leurs relations avec les grandes institutions et entreprises technologiques internationales.
Vers une coordination accrue des positions africaines face aux acteurs technologiques
Le communiqué ministériel met en avant l’intérêt d’une coordination des positions entre États afin de renforcer leur capacité collective de négociation.
L’objectif évoqué consiste notamment à permettre aux pays concernés de défendre des positions communes sur l’accès aux technologies, aux infrastructures numériques et aux données. Cette approche est présentée comme une alternative aux négociations conduites individuellement par chaque État, susceptibles de réduire leur capacité de négociation.
Sur le plan juridique, cette orientation doit toutefois être distinguée de la conclusion d’un accord international. Le communiqué fait état de consultations et de discussions sur des perspectives de partenariat, mais ne mentionne ni signature de convention, ni traité, ni création d’un mécanisme institutionnel commun entre l’Algérie, le Sénégal et le Ghana.
Il s’agit donc, à ce stade, d’une démarche de concertation et de rapprochement des positions plutôt que d'un nouveau cadre juridique contraignant.
La cybersécurité et les services numériques au cœur des discussions avec SITE
Le ministre a également rencontré Saad bin Saleh Al-Aboudi, président-directeur général de la société saoudienne de technologies de l’information SITE.
Après une présentation de l’entreprise, les échanges ont porté sur les possibilités de partenariat dans plusieurs domaines : les solutions de technologies de l’information, la cybersécurité et les services numériques.
Cette rencontre ouvre ainsi un second volet aux discussions menées à Riyad : après la coopération institutionnelle entre États, les échanges concernent directement un acteur technologique.
La cybersécurité constitue notamment un domaine stratégique dans le développement des infrastructures et services numériques. Toutefois, le communiqué ne précise ni la nature des solutions envisagées, ni le contenu d’un éventuel partenariat, ni les modalités financières ou contractuelles qui pourraient être retenues.
Aucun contrat ou accord de partenariat n’est annoncé dans le texte communiqué.
Une dynamique de coopération qui reste à formaliser
Les rencontres tenues à Riyad s’inscrivent dans une démarche de développement des coopérations algériennes autour des technologies numériques et de l’intelligence artificielle.
Trois orientations principales ressortent du communiqué :
- renforcer la coopération interétatique en matière de gouvernance de l’intelligence artificielle ;
- favoriser le partage d’expertise et le développement des compétences dans les technologies modernes ;
- explorer des partenariats avec des entreprises technologiques, notamment dans les services numériques et la cybersécurité.
La portée juridique des annonces doit néanmoins être appréciée avec prudence. Le communiqué ministériel rend compte de rencontres, consultations et perspectives de partenariat, mais ne fait pas état de nouveaux engagements contractuels ou conventionnels juridiquement formalisés.
Les éventuelles coopérations annoncées devront donc, le cas échéant, être précisées par des accords, conventions, contrats ou autres instruments juridiques ultérieurs.
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