La Banque d'Algérie a publié l'Instruction n° 07-2026 du 13 juillet 2026 relative aux modalités d'attribution du droit de change pour voyage à l'étranger au profit des nationaux résidents. Ce nouveau dispositif prévoit que l'allocation de change sera désormais mise à la disposition des bénéficiaires au moyen d'une carte de paiement internationale ou d'une carte de paiement internationale dédiée au droit de change, émise par les banques intermédiaires agréées.
Un droit de change annuel plafonné
L'instruction fixe le montant annuel maximal du droit de change à :
- 750 euros (ou l'équivalent en une autre devise librement convertible) pour les personnes âgées de 19 ans et plus ;
- 300 euros pour les jeunes âgés de 12 à moins de 19 ans, dans la limite de deux enfants par famille.
Cette allocation est accordée une seule fois par année civile, n'est pas cumulable d'une année à l'autre et demeure réservée à l'usage exclusif du bénéficiaire. Les dispositions de l'instruction ne s'appliquent toutefois pas aux voyages effectués dans le cadre du Hadj.
Une attribution sous conditions
Le bénéfice du droit de change est réservé aux voyageurs effectuant un séjour à l'étranger d'une durée égale ou supérieure à sept jours.
L'allocation est exclusivement mobilisée au moyen d'une carte de paiement internationale nominative, dont la durée minimale de validité est fixée à trois ans. Cette carte doit être adossée à un compte devises ouvert auprès d'une banque intermédiaire agréée, le bénéficiaire devant également disposer d'un compte bancaire en dinars.
Les démarches à accomplir
Le demandeur est tenu d'introduire sa demande de carte suffisamment à l'avance avant son départ. Pour obtenir le droit de change, il devra notamment fournir :
- un titre de transport aller-retour ou une quittance fiscale de voyage terrestre ;
- un passeport en cours de validité ;
- une copie de la première page du passeport ;
- une copie du visa lorsque celui-ci est exigé ;
- un justificatif de revenus.
Le règlement de la contre-valeur en dinars, ainsi que des commissions éventuelles, devra être effectué au plus tard sept jours ouvrés avant la date du voyage, exclusivement au moyen d'un instrument de paiement scriptural.
Des contrôles renforcés
Avant d'accorder le droit de change, les banques devront vérifier que le demandeur :
- n'a pas déjà bénéficié de cette allocation au cours de la même année civile ;
- dispose, le cas échéant, d'un visa valide correspondant à sa destination ;
- a effectivement effectué le voyage ayant justifié le bénéfice du droit de change de l'année précédente lorsque celui-ci lui avait déjà été accordé.
Chaque attribution fera l'objet d'une inscription sur le passeport du bénéficiaire ainsi que d'une déclaration sur la plateforme dédiée de la Banque d'Algérie.
Une utilisation strictement encadrée
Le droit de change porté sur la carte ne pourra être utilisé que pour des opérations réalisées à l'étranger en lien avec le motif du voyage.
En cas d'annulation du déplacement ou lorsque la durée effective du séjour est inférieure à sept jours, le bénéficiaire devra restituer l'intégralité du montant accordé à sa banque dans un délai de cinq jours ouvrés suivant son retour.
À défaut, et sans préjudice des poursuites prévues par la législation en vigueur, le contrevenant perdra le bénéfice du droit de change pour une durée de cinq ans.
Une meilleure sécurisation des paiements à l'international
L'instruction impose également aux banques émettrices de mettre en place des dispositifs d'assistance accessibles 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, comprenant notamment des centres d'appels et des services numériques permettant de traiter en temps réel les incidents rencontrés par les porteurs de cartes lors de leurs déplacements à l'étranger.
Modalités de restitution et financement du dispositif
L'instruction précise que lorsque le bénéficiaire est tenu de restituer le droit de change, la banque intermédiaire agréée lui délivre un avis d'opération ou un reçu d'annulation. Une mention attestant de cette restitution est également apposée sur son passeport. L'annulation de l'opération est, par ailleurs, déclarée sur la plateforme de la Banque d'Algérie dédiée au droit de change.
Sur le plan opérationnel, les banques intermédiaires agréées transmettent quotidiennement à la Banque d'Algérie, par message sécurisé, leurs demandes de couverture en devises correspondant aux montants effectivement attribués à leur clientèle. Ces demandes doivent notamment préciser le compte en devises à créditer, le montant global servi, sa contre-valeur en dinars, le taux de change appliqué ainsi que la journée concernée. La Banque d'Algérie procède ensuite au crédit du compte en devises de la banque concernée par le débit de son compte en dinars.
L'instruction autorise également les banques à émettre, en fonction de leurs besoins de gestion, des ordres de transfert en devises afin d'approvisionner leurs comptes ouverts auprès de leurs correspondants à l'étranger.
Sanctions en cas d'utilisation frauduleuse
Le texte rappelle que toute tentative de détourner le droit de change de sa finalité, notamment en mettant les montants attribués à la disposition d'une personne autre que le bénéficiaire effectif, constitue une infraction à la réglementation des changes. De tels agissements exposent leurs auteurs à des poursuites pénales, conformément à la législation en vigueur.
Un dispositif susceptible d'être révisé
L'instruction prévoit que le montant du droit de change ainsi que les conditions de son octroi pourront être ajustés ultérieurement par la Banque d'Algérie, notamment en fonction de l'évolution de la balance des paiements du pays.
Enfin, elle abroge l'instruction n° 05-2025 du 17 juillet 2025 relative au droit de change pour voyage à l'étranger et entre en vigueur le 19 juillet 2026.
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