Le ministre d’État, ministre des Hydrocarbures, Mohamed Arkab, a reçu le 14 septembre 2026, au siège de son département ministériel, le président-directeur général du groupe saoudien Abunayyan Holding, Turki Ben Saïd Al-Omari, en présence notamment de l’ambassadeur d’Arabie saoudite en Algérie et du président-directeur général de l’Algérienne des eaux dessalées (ADC).
Cette rencontre s’inscrit dans le prolongement des discussions engagées entre les deux pays autour des opportunités de partenariat et d’investissement dans le secteur du dessalement de l’eau de mer et dans les équipements industriels associés.
Le communiqué met surtout en avant plusieurs projets envisagés par le groupe saoudien : la création en Algérie d’un centre industriel dédié à l’assemblage et à la maintenance des équipements de dessalement, ainsi que l’implantation d’une antenne de l’Académie de l’énergie et de l’eau. Ces annonces s’inscrivent dans une stratégie plus large de localisation industrielle et de transfert de savoir-faire.
Le dessalement comme secteur prioritaire d’investissement
La rencontre intervient dans le cadre de la mise en œuvre du programme national algérien de dessalement de l’eau de mer.
L’intérêt présenté par Abunayyan Holding ne porte donc pas uniquement sur la fourniture d’équipements. Le groupe envisage également de développer une présence industrielle et technique locale, notamment à travers la création d’un centre spécialisé dans les services d’assemblage et de maintenance des équipements utilisés dans les installations de dessalement.
Une telle implantation aurait vocation à assurer localement une partie des opérations techniques et logistiques nécessaires à la continuité de fonctionnement des infrastructures.
Le projet traduit ainsi une évolution potentielle d’une logique d’approvisionnement vers une logique d’intégration industrielle, avec une activité de services directement implantée sur le territoire algérien.
Cette orientation répond aux objectifs gouvernementaux mis en avant lors de la rencontre : augmenter le taux d’intégration nationale, favoriser la localisation des industries considérées comme stratégiques et créer des emplois durables.
Vers une localisation de la chaîne industrielle
L’un des axes les plus significatifs du projet concerne la volonté exprimée de contribuer à la localisation de la production des membranes et des équipements essentiels aux installations de dessalement.
Le communiqué présente cette démarche comme complémentaire du transfert de technologie et du développement des compétences nationales.
Sur le plan économique, l'enjeu est important : la localisation d'activités industrielles liées aux équipements de dessalement permettrait potentiellement de réduire la dépendance à l'importation de certains composants, tout en développant une capacité nationale de maintenance et d'intervention technique.
Elle pourrait également favoriser la constitution progressive d'un écosystème industriel autour du dessalement, associant équipements, maintenance, formation et compétences spécialisées.
Toutefois, le communiqué ne précise ni la structure juridique qui porterait ces investissements, ni leur montant, ni leur calendrier de réalisation. Il convient donc de présenter ces éléments comme des projets et propositions de partenariat, et non comme des investissements déjà juridiquement constitués.
Création envisagée d’une Académie de l’énergie et de l’eau
Le groupe saoudien a également exprimé son souhait d’établir en Algérie une antenne de son Académie de l’énergie et de l’eau.
L’objectif annoncé est de contribuer au transfert de connaissances et au développement des compétences nécessaires à la gestion et à l’exploitation des stations de dessalement.
Cette dimension de formation complète le volet industriel du partenariat envisagé.
Elle permettrait notamment d'accompagner la montée en compétence des personnels appelés à intervenir dans l'exploitation, la maintenance et la gestion des infrastructures de dessalement.
Le projet associe ainsi trois dimensions complémentaires : investissement industriel, transfert technologique et développement des ressources humaines.
Cette articulation est particulièrement importante dans les secteurs nécessitant des compétences techniques spécialisées, puisque la localisation d'équipements ne peut être durablement dissociée de la capacité à les exploiter et à les maintenir sur le territoire.
Le rôle de l’ADC dans la concrétisation des partenariats
Le communiqué souligne que le secteur algérien, à travers notamment l’Algérienne des eaux dessalées (ADC) et les différentes structures placées sous tutelle, est disposé à fournir les facilités nécessaires à la concrétisation des projets envisagés.
L’ADC apparaît ainsi comme un interlocuteur institutionnel important dans le développement des activités liées au dessalement.
La rencontre pourrait notamment servir de cadre à la poursuite des discussions relatives aux modalités techniques, industrielles et économiques des projets présentés par le groupe saoudien.
Il convient cependant de distinguer l’accompagnement annoncé par les pouvoirs publics de la constitution effective de droits ou d'obligations contractuels. À ce stade, le communiqué ne fait pas état de la signature d'un contrat, d'une convention d'investissement ou d'un accord définitif portant sur la création du centre industriel ou de l'académie.
La réalisation de ces projets nécessitera donc, le cas échéant, la conclusion des actes juridiques et contractuels appropriés ainsi que l’accomplissement des procédures administratives applicables.
Une coopération orientée vers l’intégration nationale
Au-delà de la relation bilatérale entre l’Algérie et l’Arabie saoudite, cette rencontre illustre une orientation plus large consistant à rechercher des investissements susceptibles de produire des effets sur le tissu industriel national.
L'objectif affiché n'est pas seulement d'attirer des capitaux étrangers, mais également de favoriser la création de capacités productives et techniques locales.
Le développement de services d'assemblage et de maintenance, la localisation progressive de certains équipements, le transfert de technologie et la formation spécialisée constituent, à cet égard, des leviers complémentaires.
Pour l'Algérie, l'enjeu est donc de transformer les besoins importants liés au programme de dessalement en opportunité de développement industriel et de montée en compétence.
Pour le groupe saoudien, l'implantation envisagée permettrait parallèlement de renforcer sa présence sur un marché stratégique et de participer directement au développement des infrastructures nationales de dessalement.
Une étape supplémentaire dans le rapprochement économique algéro-saoudien
La rencontre du 14 septembre 2026 s'inscrit finalement dans le renforcement des relations économiques entre l'Algérie et l'Arabie saoudite.
Les propositions présentées par Abunayyan Holding témoignent d'une volonté d'aller au-delà d'une relation limitée à la fourniture de biens ou de services, en envisageant une implantation industrielle, un transfert de technologie et une coopération dans la formation.
La prochaine étape résidera dans la traduction de ces orientations en projets effectivement réalisés, avec la définition de leurs modalités juridiques, financières, industrielles et opérationnelles.
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