La Haute Commission de la numérisation, en coordination avec le ministère de la Jeunesse, annonce l’intégration de sept nouveaux services numériques au sein de la plateforme nationale des services numériques gouvernementaux Dzair Digital Services. Destinés aux jeunes, aux associations et aux structures du secteur de la jeunesse, ces nouveaux services s’inscrivent dans la politique d’unification des services publics numériques et de renforcement de l’interopérabilité entre les administrations.
Une nouvelle étape dans l’élargissement de la plateforme nationale
L’intégration de ces sept services intervient en application des orientations présentées comme ayant été données par le président de la République lors du Conseil des ministres du 12 juillet 2026, notamment en faveur de l’élargissement des services numériques accessibles à travers la plateforme nationale Dzair Digital Services.
L’objectif affiché est de faire de cette plateforme un espace national unifié d’accès aux services numériques publics, tout en renforçant l’interopérabilité entre les différents secteurs administratifs.
Le dispositif concerne désormais plus directement le secteur de la jeunesse, avec des services couvrant notamment l’adhésion aux établissements de jeunesse, les associations, les colonies de vacances, les festivals, la formation, le programme des jeunes leaders et la mobilité.
Cette évolution dépasse donc la simple mise en ligne de formulaires administratifs : elle vise à regrouper, au sein d’un même environnement numérique, des démarches auparavant susceptibles d’être gérées par des structures et procédures distinctes.
« Inkhirati » : numériser l’adhésion aux établissements de jeunesse
Le premier service, « Inkhirati », est consacré aux établissements de jeunesse.
Il permet aux jeunes de consulter les programmes et activités proposés par ces structures, de s’y inscrire et de participer aux différentes activités.
Le service comprend également une cartographie numérique des établissements de jeunesse.
Sur le plan administratif, cette centralisation doit permettre une meilleure connaissance de l’offre disponible et un suivi plus précis des activités et des services proposés.
Le communiqué souligne également l’intérêt de ces données pour l’aide à la décision. La numérisation ne sert donc pas uniquement à faciliter les démarches des usagers : elle devient également un outil de pilotage des politiques publiques.
« Charaka » : un espace numérique pour les associations de jeunesse
Le deuxième service, « Charaka », est destiné aux associations de jeunesse.
Il doit permettre notamment leur inscription numérique et leur participation aux appels à financement concernant les projets associatifs.
La plateforme vise également à faciliter la coordination et le suivi des programmes, initiatives et projets destinés aux jeunes.
Le dispositif renforce ainsi la relation numérique entre les associations et l’administration chargée du secteur de la jeunesse.
L’enjeu est double : simplifier les démarches des associations et améliorer le suivi administratif des projets bénéficiant du soutien ou de l’accompagnement du secteur.
« Mokhayami » : digitaliser la gestion des programmes de centres de vacances
Le service « Mokhayami » est consacré à la gestion et à l’organisation des programmes des centres de vacances et de loisirs destinés aux jeunes.
Il doit notamment permettre aux jeunes de s’inscrire aux programmes proposés, tout en facilitant les demandes d’accréditation relatives à l’encadrement.
Le service prévoit également le suivi des bénéficiaires et une meilleure coordination entre les différents intervenants dans l’organisation des colonies de vacances.
La numérisation concerne ainsi l’ensemble de la chaîne de gestion : inscription, encadrement, suivi des bénéficiaires et coordination administrative.
« Mahradjani » : une gestion numérique des festivals et manifestations de jeunesse
Le quatrième service, « Mahradjani », est consacré aux festivals et manifestations de jeunesse organisés par le secteur.
Il permet aux jeunes de s’inscrire et de participer aux différents festivals.
Pour l’administration, le service doit également faciliter la programmation, le suivi et l’évaluation de ces manifestations.
La digitalisation est donc ici conçue comme un outil de gestion et d’évaluation, et pas uniquement comme un moyen d’inscription en ligne.
Elle doit contribuer à améliorer la gouvernance de ces événements et leur efficacité organisationnelle.
« Takwin » : recrutement et formation dans les établissements du secteur
Le service « Takwin » concerne la gestion et le suivi des opérations de recrutement et de formation au sein des établissements et instituts de formation relevant du secteur de la jeunesse.
Il permet notamment l’inscription et la candidature aux concours de recrutement.
Il doit également faciliter le suivi des programmes de formation et la gestion des instituts concernés.
Ce service présente un intérêt particulier en matière de dématérialisation des procédures administratives, en permettant de centraliser certaines opérations liées au recrutement et à la formation.
Le communiqué rattache expressément cette évolution à un objectif de renforcement de l’efficacité et de la transparence des opérations administratives et de formation.
« Dz Young Leaders » : identifier et accompagner les jeunes talents
Le sixième service, « Les jeunes leaders », est consacré au programme Dz Young Leaders.
Son objectif est d’identifier, de former et d’accompagner les jeunes disposant d’initiatives et de capacités de leadership.
La plateforme doit permettre aux jeunes de s’inscrire et de participer au programme, mais également de faciliter leur sélection et le suivi de leur parcours.
Le numérique est ainsi utilisé comme un instrument d’identification et d’accompagnement des compétences et initiatives de la jeunesse.
Le dispositif est présenté comme devant contribuer à renforcer la participation des jeunes au développement et à promouvoir les valeurs de citoyenneté active.
« Haraka » : faciliter la mobilité des jeunes
Le dernier service, « Haraka », concerne les programmes de mobilité destinés aux jeunes.
Il permet leur inscription et leur participation aux différents programmes de mobilité, tout en assurant la gestion et le suivi des bénéficiaires et des opérations associées.
Le service est présenté comme un moyen de favoriser les possibilités de déplacement, d’échange et d’ouverture des jeunes à différentes expériences et programmes.
La digitalisation doit ainsi faciliter la gestion administrative de ces programmes tout en permettant un meilleur suivi des bénéficiaires.
Une logique commune : simplifier l’accès aux services publics
Malgré la diversité des domaines concernés, les sept services reposent sur une même logique : réduire la fragmentation des démarches et renforcer l’accès numérique aux services publics.
La démarche poursuit plusieurs objectifs communs :
- simplification des procédures ;
- accès numérique aux services ;
- centralisation des inscriptions et candidatures ;
- amélioration du suivi des bénéficiaires ;
- renforcement de la coordination entre les intervenants ;
- amélioration de la qualité du service public ;
- production de données permettant d’appuyer la décision administrative.
L’interopérabilité entre les secteurs constitue également un axe central du dispositif.
L’objectif n’est donc pas uniquement de numériser séparément les procédures du ministère de la Jeunesse, mais de les intégrer progressivement dans une architecture nationale de services numériques.
Une évolution du rapport entre l’administration et les usagers
L’intégration de ces services traduit également une évolution du rapport entre l’administration et ses usagers.
Le jeune, l’association ou le candidat à une formation peut progressivement accéder à plusieurs démarches depuis un même environnement numérique, sans que chaque procédure soit nécessairement traitée selon une logique administrative totalement indépendante.
La plateforme devient ainsi une interface entre l’usager et plusieurs services du secteur public.
Cette évolution participe d’une conception de l’administration davantage fondée sur la dématérialisation, l’accessibilité et la circulation des données entre services.
Elle suppose toutefois, pour produire pleinement ses effets, que les services soient effectivement interopérables et que les modalités techniques et administratives de traitement des données soient correctement intégrées aux procédures concernées.
Une communication qui accompagne une transformation administrative, sans créer à elle seule de nouvelles obligations
Sur le plan juridique, le document publié par la Haute Commission de la numérisation et le ministère de la Jeunesse doit être distingué d’un acte réglementaire.
Il s’agit d’un communiqué annonçant la mise en service de nouvelles fonctionnalités numériques.
Il ne crée donc pas, par lui-même, de nouvelles conditions d’accès aux programmes de jeunesse, aux financements associatifs, aux concours de recrutement ou aux programmes de mobilité.
Les conditions matérielles et juridiques applicables à chacun de ces dispositifs demeurent déterminées par les textes et procédures qui les régissent.
Le communiqué organise essentiellement leur accès et leur gestion par voie numérique.
Cette distinction est importante : la dématérialisation d’une procédure ne signifie pas nécessairement la modification de son régime juridique.
Vers une administration numérique davantage intégrée
Avec l’intégration de ces sept services, Dzair Digital Services poursuit son développement comme plateforme nationale de services publics numériques.
La démarche s’inscrit dans une politique plus large de transformation numérique visant à rendre les services publics plus accessibles et à renforcer l’interconnexion entre administrations.
Pour le secteur de la jeunesse, cette évolution couvre désormais des domaines particulièrement variés : établissements de jeunesse, vie associative, centres de vacances, manifestations, formation et recrutement, leadership des jeunes et mobilité.
La prochaine étape sera donc moins celle de la simple numérisation des démarches que celle de leur intégration effective dans un système administratif interopérable, capable de simplifier le parcours de l’usager tout en améliorant le pilotage des politiques publiques.
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