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Banque d’Algérie : déclaration conjointe de sept pays au Comité monétaire et financier international du FMI

4 min
Le gouverneur de la Banque d’Algérie, M. Bourai, a présenté une déclaration au nom de l’Algérie, du Ghana, de la République islamique d’Iran, de la Libye, du Maroc, du Pakistan et de la Tunisie, à l’occasion de la 54e réunion du Comité monétaire et financier international (CMFI), tenue les 16 et 17 octobre 2026. Cette déclaration porte sur les perspectives de l’économie mondiale, les risques pesant sur la croissance et les orientations de politique économique nécessaires au renforcement de la résilience des économies.
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Le gouverneur de la Banque d’Algérie a présenté une déclaration au nom de l’Algérie, du Ghana, de la République islamique d’Iran, de la Libye, du Maroc, du Pakistan et de la Tunisie, à l’occasion de la 54e réunion du Comité monétaire et financier international (CMFI), tenue les 16 et 17 octobre 2026. Cette déclaration porte sur les perspectives de l’économie mondiale, les risques pesant sur la croissance et les orientations de politique économique nécessaires au renforcement de la résilience des économies.

Des perspectives économiques mondiales fragilisées par les conflits et les incertitudes

La déclaration relève que l’économie mondiale demeure globalement résiliente, malgré une dégradation de la confiance dans la pérennité de cette situation. Les tensions géopolitiques, notamment la guerre en cours au Moyen-Orient, accentuent les vulnérabilités économiques, les pressions inflationnistes et la hausse du coût de l’alimentation pour les ménages.

Les signataires soulignent également les risques associés à une éventuelle réévaluation des actifs liés aux technologies et à une rentabilité de l’investissement technologique qui pourrait se révéler inférieure aux anticipations des marchés. Ces facteurs, conjugués à l’endettement public élevé, aux déficits budgétaires et à la hausse des coûts d’emprunt, pourraient peser sur l’investissement et la croissance.

La déclaration met ainsi en évidence la nécessité d’adapter les politiques économiques à un environnement international caractérisé par une incertitude accrue et des risques de dégradation des perspectives de croissance.

Des répercussions différenciées selon les économies

Les effets des tensions géopolitiques et des chocs économiques varient selon la situation de chaque pays. La déclaration relève notamment les conséquences suivantes :

  • Iran : les dommages causés aux infrastructures civiles et aux capacités productives, ainsi que les perturbations des voies d’exportation, pèsent sur l’activité économique.
  • Maroc et Tunisie : la hausse des prix de l’énergie et des produits alimentaires détériore les termes de l’échange et exerce des pressions sur la croissance, l’inflation et les équilibres budgétaires et extérieurs.
  • Pakistan : une baisse des transferts de fonds et un affaiblissement de l’activité économique dans les pays du Golfe pourraient accentuer les pressions sur la balance des paiements.
  • Ghana : le durcissement des conditions de financement internationales et le recul des entrées de capitaux risquent d’augmenter les coûts d’emprunt et de compliquer la gestion de la dette.
  • Algérie et Libye : la hausse des prix de l’énergie pourrait améliorer les soldes budgétaires et extérieurs, créant des marges de manœuvre pour reconstituer les réserves de sécurité et soutenir les réformes et l’investissement.

Ces évolutions illustrent la diversité des situations économiques au sein du groupe des sept pays représentés dans la déclaration.

Des politiques budgétaires et monétaires adaptées aux réalités nationales

Les signataires préconisent une adaptation des politiques économiques aux circonstances propres à chaque pays afin de rétablir la stabilité macrofinancière.

Sur le plan budgétaire, ils recommandent, lorsque les conditions le permettent, de réduire les déficits, de replacer la dette publique sur une trajectoire viable et de préserver les investissements publics ainsi que la protection des populations vulnérables. Ils soulignent également l’importance de cadres budgétaires à moyen terme crédibles, compatibles avec une croissance durable et inclusive.

La déclaration insiste par ailleurs sur le renforcement de la mobilisation des recettes intérieures et sur une coordination plus étroite entre le Fonds monétaire international (FMI), les institutions régionales et les partenaires au développement.

En matière monétaire, les signataires réaffirment la priorité accordée à la stabilité des prix et à l’ancrage des anticipations d’inflation. Ils soulignent également le rôle du taux de change flexible, lorsque les conditions nationales le permettent, dans l’absorption des chocs extérieurs et la préservation des réserves internationales.

La déclaration évoque enfin la possibilité de recourir aux instruments du cadre stratégique intégré du FMI lorsque des mouvements de capitaux importants et perturbateurs menacent la stabilité macrofinancière. Une communication claire et cohérente des autorités est présentée comme un facteur essentiel à la transmission des politiques économiques et au maintien de la confiance.

Le rôle du FMI dans le financement et l’accompagnement des pays membres

Les signataires expriment leur soutien au plan d’action mondial de la Directrice générale du FMI et à ses trois principes directeurs destinés à répondre à l’incertitude et à renforcer la résilience économique.

Ils demandent au Fonds de clarifier davantage les besoins de financement et les modalités de mise en œuvre des politiques d’ajustement proposées, notamment pour les pays à faible revenu confrontés à une insuffisance des financements concessionnels et à une diminution de l’aide publique au développement.

Ils saluent également les efforts visant à adapter les politiques de prêt, les instruments financiers et les outils d’analyse du FMI aux nouveaux défis économiques. Le développement des capacités institutionnelles est considéré comme essentiel pour permettre aux pays membres de procéder aux ajustements nécessaires sans compromettre leurs priorités de développement.

La réforme de la gouvernance et des ressources du FMI

La déclaration réaffirme le soutien des sept pays à un FMI solide, fondé sur un système de quotes-parts et disposant de ressources adéquates pour occuper une place centrale dans le dispositif mondial de sécurité financière.

Les signataires appellent à l’achèvement des procédures nationales d’approbation restantes relatives à l’augmentation des quotes-parts prévue au titre de la 16e révision générale. Ils demandent également des avancées décisives dans le cadre de la 17e révision générale des quotes-parts, conformément aux principes directeurs de Diriyah.


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À travers cette déclaration, les sept pays mettent ainsi l’accent sur la coopération internationale, l’adaptation des politiques économiques aux chocs et le renforcement des moyens d’action du FMI dans un contexte mondial marqué par des incertitudes géopolitiques, financières et économiques.


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