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La vente forcée des biens successoraux en indivision en droit algérien : comment sortir d’un blocage entre héritiers ?

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En Algérie, il est fréquent qu’un bien immobilier hérité reste en indivision pendant plusieurs années, faute d’accord entre les héritiers. Certains souhaitent vendre la maison ou le terrain pour récupérer leur part, tandis que d’autres refusent la vente, occupent le bien ou ne répondent pas aux sollicitations de la famille. Cette situation peut donner l’impression qu’un seul héritier est en mesure de bloquer définitivement la succession. Pourtant, le droit algérien prévoit des mécanismes permettant de mettre fin à l’indivision, y compris lorsque les héritiers ne parviennent pas à s’entendre. Le principe est clair : nul ne peut, en principe, être contraint de rester indéfiniment dans l’indivision. Le partage amiable reste préférable, mais, en cas de désaccord, le partage judiciaire et, si nécessaire, la vente aux enchères du bien peuvent être envisagés.
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En Algérie, il est fréquent qu’un bien immobilier hérité reste en indivision pendant plusieurs années, faute d’accord entre les héritiers. Certains souhaitent vendre la maison ou le terrain pour récupérer leur part, tandis que d’autres refusent la vente, occupent le bien ou ne répondent pas aux sollicitations de la famille.

Cette situation peut donner l’impression qu’un seul héritier est en mesure de bloquer définitivement la succession. Pourtant, le droit algérien prévoit des mécanismes permettant de mettre fin à l’indivision, y compris lorsque les héritiers ne parviennent pas à s’entendre.

Le principe est clair : nul ne peut, en principe, être contraint de rester indéfiniment dans l’indivision. Le partage amiable reste préférable, mais, en cas de désaccord, le partage judiciaire et, si nécessaire, la vente aux enchères du bien peuvent être envisagés.

1. Le droit de demander le partage, même en cas de désaccord

L’article 722 du Code civil algérien, issu de l’ordonnance n° 75-58 du 26 septembre 1975, reconnaît à tout indivisaire le droit de demander le partage du bien commun, sauf lorsqu’une disposition légale ou une convention valable l’oblige à demeurer dans l’indivision.

Ce droit s’applique aux biens reçus par succession. Lorsqu’un héritier décède en laissant une maison ou un terrain à plusieurs personnes, chacune devient titulaire de droits indivis sur le bien, conformément à ses droits successoraux.

Si tous les héritiers sont d’accord, ils peuvent procéder à un partage amiable, sous réserve du respect des formalités légales applicables. En revanche, si l’un d’eux refuse le partage ou empêche la vente, les autres ne sont pas obligés d’attendre indéfiniment son accord.

L’article 724 du Code civil prévoit expressément que l’indivisaire qui souhaite mettre fin à l’indivision peut assigner les autres devant le tribunal compétent. Le refus d’un héritier ne fait donc pas obstacle, à lui seul, à l’engagement d’une procédure judiciaire.

2. Le partage en nature est privilégié, mais la vente judiciaire reste possible

Le recours au tribunal ne signifie pas que le bien sera automatiquement vendu. Le juge doit d’abord examiner si un partage matériel est possible sans entraîner une diminution considérable de sa valeur.

En application des articles 724 à 727 du Code civil, le tribunal peut désigner un expert chargé d’évaluer le bien immobilier et de déterminer s’il peut être divisé en lots correspondant aux droits des héritiers. Si les lots ne correspondent pas exactement aux parts respectives, une compensation financière, appelée soulte, peut être prévue.

Par exemple, lorsqu’une succession porte sur un terrain suffisamment grand pour être divisé en plusieurs parcelles, le partage en nature peut être envisageable, sous réserve des contraintes juridiques et urbanistiques applicables.

En revanche, lorsqu’il s’agit d’une maison qui ne peut raisonnablement être divisée entre plusieurs héritiers, ou lorsque sa division entraînerait une perte importante de valeur, le partage en nature peut être écarté.

L’article 728 du Code civil prévoit alors la vente du bien par licitation, c’est-à-dire par adjudication aux enchères, conformément aux règles de procédure applicables.

La Cour suprême algérienne a rappelé, dans une décision du 12 mai 2016 relative à l’indivision, référencée sous le numéro 993780, que le juge doit examiner la possibilité d’un partage en nature avant d’ordonner la vente aux enchères. Une division qui entraîne une diminution importante de la valeur du bien ne doit pas être privilégiée au détriment de la procédure prévue par la loi.

3. Comment se déroule la vente forcée du bien successoral ?

Lorsque le tribunal ordonne la vente du bien indivis, la procédure ne consiste pas à autoriser simplement un héritier à vendre la maison de sa propre initiative. La vente doit respecter les formalités judiciaires prévues par la loi.

L’article 786 du Code de procédure civile et administrative, issu de la loi n° 08-09 du 25 février 2008, prévoit que la vente d’un immeuble indivis ordonnée par jugement ou arrêt intervient aux enchères publiques lorsque le partage est matériellement impossible ou ne peut être réalisé sans préjudice.

Un cahier des charges est établi par l’huissier de justice et déposé au greffe du tribunal du lieu de situation de l’immeuble. Il encadre les conditions de la vente et les formalités nécessaires à sa réalisation.

Une fois la vente réalisée, le prix obtenu doit être réparti entre les ayants droit selon leurs droits respectifs, après prise en compte, le cas échéant, des frais et des droits régulièrement dus. La vente met ainsi fin à l’indivision sur le bien vendu, sans modifier les proportions des droits successoraux de chacun sur le produit de la vente.

Il faut toutefois garder à l’esprit que la procédure peut prendre du temps, notamment en cas de contestation sur la propriété, l’identité des héritiers, l’évaluation du bien ou les formalités de vente.

4. Une autre possibilité : la décision de vente prise par les héritiers détenant les trois quarts des droits

L’article 720 du Code civil prévoit un mécanisme distinct du partage judiciaire. Les indivisaires détenant au moins les trois quarts des droits sur le bien peuvent décider son aliénation, à condition que cette décision repose sur des motifs sérieux et soit notifiée aux autres indivisaires par acte extrajudiciaire.

L’héritier qui s’oppose à cette décision peut saisir le tribunal dans un délai de deux mois à compter de la notification. Il appartient alors au juge d’apprécier, au regard des circonstances et des intérêts en présence, si l’aliénation doit avoir lieu.

Ce mécanisme ne signifie donc pas que trois héritiers sur quatre peuvent automatiquement imposer leur décision à un quatrième. Le seuil légal s’apprécie en fonction de la valeur des droits indivis, et non du simple nombre d’héritiers. En outre, les conditions prévues par l’article 720 doivent être respectées.

Il convient également de ne pas confondre cette procédure avec la licitation ordonnée dans le cadre d’une action en partage : les fondements et les conditions de mise en œuvre sont différents.

5. Quelles démarches entreprendre lorsqu’une succession est bloquée ?

Avant d’engager une procédure, il est important de vérifier que les droits de chaque héritier sont établis et que le bien peut être juridiquement identifié.

La Frédha permet de déterminer les héritiers et leurs droits successoraux, mais elle ne réalise pas, à elle seule, le partage du bien immobilier. Il faut également vérifier les titres de propriété et, selon la situation, les formalités de publicité foncière nécessaires.

En pratique, l’héritier qui souhaite sortir de l’indivision doit réunir les documents relatifs à la succession et au bien, puis faire examiner la procédure adaptée à sa situation. Si aucun accord amiable n’est possible, il peut engager une action en partage devant le tribunal compétent. Une expertise pourra être ordonnée pour déterminer si le bien est partageable en nature ou si une vente aux enchères est nécessaire.

La présence d’un héritier mineur, une contestation sur les droits successoraux ou une irrégularité affectant le titre de propriété peut imposer des précautions et des formalités supplémentaires.


En droit algérien, le refus d’un héritier de vendre un bien successoral ne suffit pas à maintenir indéfiniment l’indivision. Les articles 722 et suivants du Code civil permettent de demander le partage judiciaire et, lorsque le partage en nature est impossible ou entraînerait une diminution considérable de la valeur du bien, d’obtenir sa vente par licitation, conformément à l’article 728 du Code civil et à l’article 786 du Code de procédure civile et administrative.

La voie à suivre dépend toutefois de la situation juridique du bien, de la détermination des droits des héritiers et de la possibilité réelle de procéder à un partage matériel. Une analyse précise du dossier permet donc de choisir la procédure appropriée et d’éviter des démarches inutiles.


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