Actualité
Qu'est-ce que l'arbitrage en droit algérien ?

L’arbitrage est une procédure de règlement des litiges par recours à une ou plusieurs personnes privées (en nombre impair) appelées arbitres, parfois même par recours à un juge d’Etat déclaré amiable compositeur par les plaideurs.
Bien que l’arbitrage en lui-même soit une forme très ancienne de règlement des conflits existant depuis l’origine de la création de l’homme, l’Algérie s’est dotée d’une réglementation relative à l’arbitrage, entendu au sens moderne, que récemment. Cette réglementation, transposée dans le code de procédure civile et administrative, au Titre V intitulé “De la conciliation et de l'arbitrage”, aux articles 975 et suivants.
L’Algérie a-t-elle toujours été favorable à l’arbitrage ? Quel est le rôle de l’arbitrage ?
Contexte de l’adoption de l’arbitrage comme mode de règlement des conflits en droit algérien
Pendant très longtemps régnait l'idée que l'Algérie serait fondamentalement hostile à l'arbitrage international, et cette idée est apparue comme définitivement acquise pendant un temps. En effet, l'Algérie, comme bon nombre de pays arabes, a connu de malheureuses expériences arbitrales pétrolières qui ont grandement contribué au frein de son développement. Et même si l'hostilité apparente était démentie par une pratique contractuelle, relativement constante des conventions d'arbitrage, il n'en demeure pas moins que cette pratique demeurait insuffisante et imparfaite et surtout dénuée d'instruments juridiques capables de rendre confiance aux investisseurs.
Aujourd'hui, l'Algérie bénéficie d'un accroissement des investissements et de grands projets d'infrastructures, qui s'accompagnent d'une exigence croissante des opérateurs économiques à recourir à l'arbitrage comme mode de règlement des litiges, institution devenue incontournable dans l’ordre commercial mondial en évolution.
Rôle de l’arbitrage
L'arbitrage vise une justice privée organisée par la volonté des parties qui ont soustrait la connaissance de leur litige aux juridictions de droit commun.
Comme le rappelait René David, " l'arbitrage est une technique visant à faire donner la solution d'une question, intéressant les rapports entre deux ou plusieurs personnes - l'arbitre ou les arbitres - lesquelles tiennent leurs pouvoirs d'une convention privée et statuent sur la base de cette convention, sans être investis de cette mission par l'Etat."
L'objectif de l'arbitrage international dans les relations d'affaires portant aussi bien sur la vente que l'investissement est de favoriser les échanges économiques en introduisant un mode de règlement des litiges spécialement dédié aux opérations du commerce international, neutre et impartial afin de pallier l'absence d'une juridiction internationale réglant les litiges entre opérateurs du commerce international.
La distinction entre arbitrage interne/international
L’arbitrage interne est la juridiction privée ayant la compétence pour trancher un différend de droit commun. C’est aujourd’hui les dispositions du code de procédure civile et administrative qui régissent les règles de l’arbitrage interne. Peu utilisé en pratique, du fait d’une absence de tradition, doublé d’une absence d’impulsion, souvent justifiée par une justice trop aléatoire (tribunaux de droit commun engorgés, mal préparés aux spécificités de l’activité économique…) , les entreprises algériennes ayant accepté de compromettre avec des entreprises étrangères notamment, préfèrent s’en remettre à l’arbitrage commercial international.
Concernant l’arbitrage commercial international, le code de procédure civil et administrative consacre un chapitre VI, aux articles 1039 et suivants. L’arbitrage commercial international est définit comme suit :
“Est international, au sens du présent code, l'arbitrage qui connaît des litiges relatifs à des intérêts économiques d'au moins deux Etats.”
Vous êtes abonné ? Restez à jour en consultant les notes, communiqués et circulaires ainsi que l’ensemble des Codes en vigueur sur Legal Doctrine.
Restez à l’affût des dernières actualités juridiques en vous abonnant à notre newsletter Legal Doctrine.
Laissez le droit venir à vous
Ne manquez pas La Quotidienne, la première newsletter du droit en Algérie. Recevez chaque semaine l’essentiel de l’actualité juridique africaine dans votre boîte mail.
Recommandation de l’édition
Droit fiscal
Tout savoir sur la loi de finance 2026 en Algérie
La loi n° 25-17 du 23 Joumada Ethania 1447 (14 décembre 2025) fixe le cadre budgétaire et fiscal de l’État algérien pour l’année 2026. Elle constitue un outil fondamental de la politique économique et sociale de l’Algéri…
8 min

Droit financier
Tout savoir sur le projet de loi de finances pour 2025
Le projet de loi de finances (PLF) pour 2025 marque une étape cruciale dans la politique budgétaire de l'Algérie, en proposant des réformes fiscales et économiques visant à stimuler la croissance, moderniser l'administra…
14 min

Afrique
Droit des affaires
Réouverture de la plateforme numérique pour le dépôt des programmes prévisionnels du second semestre 2026 : rappel des obligations des opérateurs économiques relevant du fonctionnement
Dans un communiqué publié le 23 juin 2026, le ministère du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations a annoncé la réouverture de la plateforme numérique dédiée au dépôt des programmes prévisionnels des opéra…
3 min

Droit civil
Encadrement de la profession d’armurier en Algérie : un nouveau dispositif réglementaire renforçant les exigences sécuritaires
Le décret exécutif n° 26-92 du 31 janvier 2026 marque une étape importante dans la structuration juridique des activités liées aux armes, munitions et leurs accessoires. Pris en application de l’ordonnance relative aux m…
3 min
