L’Algérie ouvre officiellement la voie à l’arrivée de nouveaux opérateurs de télécommunications par satellite. Par un arrêté du 6 avril 2026, publié au Journal officiel, le ministre de la Poste et des Télécommunications a fixé la date de lancement d’une procédure d’adjudication destinée à attribuer des licences pour l’exploitation de réseaux de communications électroniques utilisant des satellites en orbite non géostationnaire, dits NGSO (Non-Geostationary Satellite Orbit).
Derrière cet intitulé technique se cache un enjeu stratégique : permettre le développement de services d’internet par satellite de nouvelle génération, comparables aux offres mondiales reposant sur des constellations de satellites en orbite basse.
Que signifie NGSO ?
Les satellites NGSO sont des satellites placés en orbite non géostationnaire, généralement en orbite basse ou moyenne, qui tournent autour de la Terre à une altitude inférieure aux satellites géostationnaires classiques.
Contrairement aux satellites traditionnels fixes par rapport à la Terre :
- ils offrent souvent une latence plus faible ;
- permettent des débits plus élevés ;
- améliorent la couverture dans les zones isolées ;
- nécessitent des constellations de nombreux satellites.
Ce modèle est aujourd’hui utilisé dans plusieurs pays pour fournir un accès internet rapide dans les régions rurales, désertiques ou mal desservies.
Ce que prévoit l’arrêté
Le texte fixe au 9 avril 2026 la date officielle de lancement de l’appel à la concurrence pour l’octroi des licences permettant :
- l’établissement de réseaux ouverts au public via satellites NGSO ;
- leur exploitation commerciale ;
- la fourniture des services associés.
La procédure retenue est celle de l’adjudication par appel à la concurrence, déjà prévue par la réglementation algérienne en matière de télécommunications.
En pratique, cela signifie que les opérateurs intéressés devront déposer des candidatures dans un cadre concurrentiel défini par les autorités.
Pourquoi cette décision est importante
Ce texte peut paraître purement administratif, mais il marque une étape importante dans l’ouverture du marché algérien à de nouvelles technologies de connectivité.
Trois enjeux majeurs apparaissent :
1. Désenclavement numérique
Les réseaux satellitaires peuvent offrir une solution rapide aux zones éloignées où la fibre optique ou la 4G/5G sont difficiles à déployer.
2. Diversification du marché
L’arrivée de nouveaux acteurs peut renforcer la concurrence et élargir les choix disponibles pour les particuliers, entreprises et administrations.
3. Souveraineté technologique et encadrement
En choisissant un système de licences, l’État conserve la maîtrise réglementaire de l’accès au marché, des obligations techniques et des conditions de sécurité.
Qui pourrait être concerné ?
Ce type d’appel d’offres intéresse potentiellement :
- les grands opérateurs satellitaires internationaux ;
- des consortiums technologiques ;
- des opérateurs locaux en partenariat ;
- des fournisseurs spécialisés en connectivité d’entreprise ou institutionnelle.
Le texte ne désigne aucun acteur précis : il ouvre simplement la procédure.
Ce que cela ne signifie pas automatiquement
Cet arrêté ne garantit pas immédiatement l’arrivée de services grand public ni une baisse rapide des prix.
Il lance une procédure juridique préalable. Entre l’attribution des licences, les installations techniques, les autorisations complémentaires et la commercialisation effective, plusieurs étapes restent nécessaires.
- lance la procédure d’attribution de licences NGSO ;
- vise les réseaux publics de télécommunications par satellites en orbite basse ;
- fixe la date de démarrage au 9 avril 2026 ;
- ouvre potentiellement le marché algérien à l’internet satellitaire nouvelle génération.
Ce texte montre surtout que l’Algérie anticipe l’évolution mondiale des télécoms : demain, la connectivité ne passera plus uniquement par les câbles terrestres et les antennes mobiles, mais aussi par des constellations satellitaires capables de couvrir des territoires entiers.
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