Le décret présidentiel n° 26-01 du 18 Rajab 1447 correspondant au 7 janvier 2026, publié au Journal officiel de la République algérienne démocratique et populaire, fixe le nouveau salaire national minimum garanti (SNMG) applicable à l’ensemble des travailleurs salariés en Algérie. Ce texte s’inscrit dans le cadre constitutionnel et législatif régissant les relations de travail et vise à assurer un revenu minimum légal conforme aux exigences sociales et économiques actuelles.
Pris sur le fondement des articles 91-7° et 141 de la Constitution, ainsi que des principales lois et ordonnances relatives au droit du travail, à la durée légale du travail et au statut général de la fonction publique, ce décret marque une révision à la hausse du SNMG et abroge expressément le dispositif précédent en vigueur depuis 2021.
Fondement juridique et cadre normatif
Le décret s’appuie notamment sur :
- la loi n° 90-11 du 21 avril 1990 relative aux relations de travail, qui consacre le principe du salaire minimum garanti ;
- l’ordonnance n° 97-03 du 11 janvier 1997 fixant la durée légale du travail ;
- l’ordonnance n° 06-03 du 15 juillet 2006 portant statut général de la fonction publique;
- le décret exécutif n° 15-59 du 8 février 2015, précisant les éléments constitutifs du SNMG ;
- et le décret présidentiel n° 21-137 du 7 avril 2021, désormais abrogé.
Nouveau montant du salaire national minimum garanti
L’article 1er du décret fixe le salaire national minimum garanti à 24 000 dinars algériens par mois (contre 20 000 dinars auparavant), pour une durée légale de travail de quarante (40) heures hebdomadaires, soit 173,33 heures par mois.
Le texte précise également le taux horaire minimal, désormais établi à 138,46 dinars.
Ce montant constitue un seuil légal impératif, en dessous duquel aucune rémunération ne peut être fixée, quel que soit le secteur d’activité, la nature du contrat de travail ou le statut juridique de l’employeur, sauf dispositions plus favorables prévues par la loi, les conventions collectives ou les accords d’entreprise.
Effets juridiques et abrogation des dispositions antérieures
L’article 2 du décret prévoit l’abrogation de toutes dispositions contraires, et notamment du décret présidentiel n° 21-137 du 7 avril 2021. Cette clause d’abrogation expresse met fin à l’ancien SNMG et évite toute insécurité juridique quant au régime applicable.
En conséquence, tous les employeurs, publics comme privés, sont tenus de mettre en conformité les salaires versés avec le nouveau seuil légal, sous peine de sanctions prévues par la législation du travail.
Date d’entrée en vigueur et portée rétroactive
Conformément à l’article 3, le décret prend effet à compter du 1er janvier 2026. Cette entrée en vigueur rétroactive au début de l’année impose aux employeurs d’appliquer le nouveau SNMG dès cette date, y compris pour les rémunérations versées au titre des premiers mois de 2026.
Cette disposition vise à garantir une application uniforme du salaire minimum sur l’ensemble de l’année, et à préserver les droits des travailleurs dès le début de l’exercice.
Portée sociale et économique du décret
La revalorisation du salaire national minimum garanti s’inscrit dans une politique de protection du pouvoir d’achat, de réduction des inégalités salariales et de renforcement de la justice sociale. Elle constitue également un paramètre de référence pour de nombreuses prestations sociales, indemnités et calculs salariaux.
Pour les entreprises, ce décret implique une adaptation des grilles de rémunération, une révision éventuelle des charges salariales et une vigilance accrue en matière de conformité au droit du travail.
Le décret présidentiel n° 26-01 du 7 janvier 2026 marque une étape importante dans l’évolution du droit du travail en Algérie. En fixant le salaire national minimum garanti à 24 000 DA par mois à compter du 1er janvier 2026, il renforce la protection des travailleurs tout en offrant un cadre juridique clair et obligatoire pour les employeurs. Ce texte s’impose comme une norme de référence essentielle pour l’ensemble des relations salariales au cours de l’année 2026.
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