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14 Apr , 2026

Le dispositif exceptionnel de régularisation fiscale volontaire

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Le dispositif exceptionnel de régularisation fiscale volontaire illustration

La Direction Générale des Impôts (DGI) a institué, à travers un communiqué fondé sur l’article 93 de la loi de finances pour 2026, un mécanisme exceptionnel de régularisation fiscale volontaire. Ce dispositif, reposant sur un impôt unique libératoire de 8 %, vise à inciter les contribuables en situation irrégulière à se conformer spontanément à leurs obligations fiscales.

Derrière cette mesure incitative se dessine une stratégie fiscale assumée : élargir l’assiette fiscale tout en favorisant l’intégration des activités informelles dans l’économie déclarée.

Nature juridique du dispositif : une amnistie fiscale encadrée

Ce mécanisme s’apparente, en pratique, à une forme d’amnistie fiscale partielle, dans la mesure où :

  • Il permet la régularisation spontanée de revenus non déclarés ;
  • Il prévoit l’application d’un taux forfaitaire unique de 8 % ;
  • Il exclut toute sanction fiscale (pénalités et majorations).

Autrement dit, l’administration fiscale renonce à une partie de ses prérogatives répressives en contrepartie d’un paiement immédiat et simplifié.

Mais attention : ce n’est pas une amnistie totale. Elle reste conditionnée, ciblée et temporaire.

Champ d’application : une ouverture large mais sélective

a) Bénéficiaires éligibles

Le dispositif s’adresse à un spectre relativement large de contribuables :

  • Les personnes physiques résidentes fiscales en Algérie ;
  • Les personnes morales de droit algérien (sociétés, établissements publics, coopératives).

Sont également concernés :

  • Les contribuables non identifiés par l’administration fiscale ;
  • Ceux identifiés mais défaillants ;
  • Ceux dont les déclarations présentent des insuffisances.

 Le législateur cible clairement l’économie informelle et les zones grises de la fiscalité.

b) Exclusions significatives

Le dispositif exclut expressément plusieurs catégories :

  • Les revenus issus d’activités pénalement répréhensibles (notamment blanchiment et financement du terrorisme) ;
  • Les grandes entreprises et structures à forte capacité contributive ;
  • Les secteurs sensibles (hydrocarbures, tabac, métaux précieux, etc.) ;
  • Les entreprises à participation étrangère ;
  • Les opérateurs réalisant un chiffre d’affaires élevé (≥ 2 milliards DA).

 Ce filtrage n’est pas anodin. Il traduit une volonté de cibler les petits et moyens acteurs plutôt que les grandes structures déjà fortement encadrées.

Modalités pratiques : simplicité et incitation

Le dispositif repose sur une procédure volontairement simplifiée :

  • Dépôt d’une déclaration en deux exemplaires auprès de la recette des impôts ;
  • Paiement en une seule fois de l’impôt de 8 % ;
  • Absence d’obligation de justificatifs lors du dépôt.

C’est un point clé : la suppression de l’exigence documentaire réduit considérablement les barrières à l’entrée.

Mais elle soulève aussi une question sérieuse : jusqu’où peut-on simplifier sans fragiliser le contrôle fiscal ?

Temporalité : une opportunité limitée

Le dispositif est ouvert jusqu’au 31 décembre 2026.

Ce caractère temporaire renforce son attractivité : il crée un effet d’urgence incitant les contribuables à régulariser rapidement leur situation.

Enjeux et objectifs

a) Élargissement de l’assiette fiscale

L’objectif principal est d’intégrer des flux financiers jusque-là invisibles dans le circuit fiscal officiel.

b) Mobilisation immédiate de ressources

Le paiement forfaitaire permet une recette rapide et certaine pour l’État.

c) Formalisation de l’économie informelle

Le dispositif agit comme un pont entre l’informel et le formel.

Le dispositif exceptionnel de régularisation fiscale volontaire constitue un outil puissant de politique fiscale conjoncturelle, combinant pragmatisme économique et souplesse administrative.

Cependant, son efficacité dépendra d’un équilibre délicat :

  • Encourager la régularisation, sans banaliser la fraude ;
  • Simplifier les procédures, sans affaiblir le contrôle ;
  • Augmenter les recettes, sans compromettre l’équité fiscale.

Si cet équilibre est mal maîtrisé, ce type de mesure peut rapidement passer d’un instrument de régulation à un signal de tolérance implicite envers l’irrégularité fiscale.


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