Instaurée en 2022, l’allocation chômage constitue l’un des principaux mécanismes de protection sociale mis en place par l’État algérien au profit des primo-demandeurs d’emploi. Ce dispositif vise à garantir un revenu minimum aux jeunes sans emploi, tout en favorisant leur insertion professionnelle à travers l’accompagnement, la formation et l’orientation vers le marché du travail.
Dans une logique d’adaptation et d’amélioration continue, le Gouvernement a adopté le décret exécutif n° 26-87 du 21 janvier 2026, modifiant et complétant le décret exécutif n° 22-70 du 10 février 2022. Ce nouveau texte introduit des ajustements importants, tant au niveau des droits des bénéficiaires que de leurs obligations, tout en renforçant le rôle de l’Agence nationale de l’emploi (ANEM).
Un renforcement des obligations des bénéficiaires
Le décret révisé précise davantage les engagements auxquels doivent se conformer les bénéficiaires de l’allocation chômage afin de continuer à en bénéficier.
Désormais, le bénéficiaire est tenu de :
- valider son inscription tous les six mois, soit via la plateforme numérique dédiée, soit en se présentant auprès des services territorialement compétents de l’ANEM ;
- répondre obligatoirement aux convocations de l’agence ;
- ne pas refuser une seule offre d’emploi correspondant à ses qualifications ;
- s’engager activement dans la recherche d’une formation, qu’elle soit qualifiante ou diplômante.
Ces mesures traduisent la volonté des pouvoirs publics de faire de l’allocation chômage un dispositif d’insertion active, et non un simple mécanisme d’assistance financière.
Maintien de l’allocation durant la formation
Le décret apporte également une clarification importante en faveur des bénéficiaires orientés vers la formation. Il est désormais expressément prévu que le bénéficiaire continue à percevoir l’allocation chômage pendant toute la durée de la formation, conformément aux dispositions réglementaires en vigueur.
Cette mesure vise à lever les obstacles financiers pouvant freiner l’accès à la formation, considérée comme un levier essentiel pour améliorer l’employabilité des jeunes.
Un montant fixé et une couverture sociale assurée
Le texte confirme et précise les éléments financiers du dispositif.
Le montant de l’allocation chômage est fixé à 18 000 dinars algériens par mois.
Les bénéficiaires continuent par ailleurs de bénéficier des prestations en nature de l’assurance maladie, renforçant ainsi leur protection sociale. La cotisation sociale, fixée à 7 % du montant de l’allocation, est entièrement prise en charge par l’État, y compris les charges liées à la couverture maladie.
Une durée d’indemnisation prolongée sous conditions
Le décret exécutif n° 26-87 introduit une évolution majeure concernant la durée de versement de l’allocation chômage.
En principe, l’allocation est versée :
- pour une durée d’une (1) année,
- renouvelable une seule fois, sous réserve du strict respect des obligations prévues par la réglementation.
Toutefois, un nouvel article 7 bis instaure des dispositions exceptionnelles permettant une année supplémentaire d’allocation :
- pour les bénéficiaires disposant d’une ancienneté égale ou supérieure à 24 mois dans le dispositif ;
- pour ceux dont l’ancienneté est inférieure à 24 mois, après accomplissement de la période restante, dans la limite maximale de deux (2) années.
Cette mesure vise à tenir compte des réalités du marché de l’emploi et à offrir une protection accrue aux bénéficiaires engagés durablement dans le dispositif.
Un rôle renforcé pour l’Agence nationale de l’emploi
Le décret renforce également les missions de l’ANEM, notamment en matière de gestion et de suivi des bénéficiaires. Les services de l’agence sont désormais tenus de:
- identifier les primo-demandeurs d’emploi dans un fichier national actualisé,
- assurer leur orientation de manière souple, transparente et équitable.
Par ailleurs, le texte précise les cas de cessation du bénéfice de l’allocation, notamment en cas de refus d’une offre d’emploi correspondant aux qualifications du bénéficiaire ou à la demande expresse de ce dernier.
Une entrée en vigueur rétroactive au 1er janvier 2026
Les dispositions du décret exécutif n° 26-87 prennent effet à compter du 1er janvier 2026, ce qui garantit leur application immédiate aux bénéficiaires concernés, y compris ceux déjà inscrits dans le dispositif.
Un dispositif social consolidé et orienté vers l’insertion
À travers ce décret, les pouvoirs publics confirment leur volonté de pérenniser l’allocation chômage, tout en l’inscrivant dans une logique plus exigeante d’accompagnement vers l’emploi ou la formation.
L’équilibre recherché entre droits renforcés, obligations claires et durée d’indemnisation adaptée témoigne d’une approche visant à conjuguer solidarité nationale et responsabilisation des bénéficiaires, au service de l’insertion professionnelle durable.
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