L’énergie constitue l’un des piliers fondamentaux de la souveraineté économique et sociale des États. En Algérie, où la question énergétique est à la fois stratégique, économique, environnementale et géopolitique, l’organisation des pouvoirs publics dans ce domaine revêt une importance particulière. La diversification du mix énergétique, la maîtrise de la consommation, la transition vers des sources plus durables et l’anticipation des mutations technologiques imposent une action publique structurée et cohérente.
C’est dans ce contexte que s’inscrit le décret exécutif n° 26-12 du 7 janvier 2026, fixant les attributions du ministre de l’énergie et des énergies renouvelables. Ce texte vient consacrer une réorganisation fonctionnelle du secteur énergétique, distincte de celui des hydrocarbures et des mines, et traduit une volonté claire de renforcer la gouvernance de l’électricité, du gaz, des énergies renouvelables et des énergies nouvelles, notamment l’hydrogène.
Au-delà de la définition formelle des compétences ministérielles, ce décret constitue un outil juridique structurant, orienté vers la sécurité énergétique, la transition écologique, l’innovation et l’intégration industrielle nationale.
Un périmètre de compétences élargi au service de la politique énergétique nationale
Le décret confie au ministre de l’énergie et des énergies renouvelables la mission centrale d’élaborer et de mettre en œuvre la politique énergétique du pays, en conformité avec le programme d’action du Gouvernement.
Ses compétences couvrent notamment :
- la production, le transport et la distribution de l’électricité, quelle que soit son origine ;
- le transport et la distribution du gaz par canalisations ;
- le développement et la promotion des énergies renouvelables ;
- les énergies nouvelles, en particulier l’hydrogène et les activités nucléaires ;
- la maîtrise et la rationalisation de la consommation énergétique ;
- la mobilité électrique ;
- la réduction de l’empreinte carbone des activités relevant du secteur.
Cette approche globale reflète une vision intégrée de l’énergie, qui ne se limite plus à la production, mais englobe la consommation, l’efficacité énergétique et les impacts environnementaux.
La sécurité énergétique et la planification à long terme comme priorités
Le décret insiste fortement sur la responsabilité du ministre en matière de sécurité énergétique nationale. À ce titre, il est chargé :
- d’élaborer des politiques garantissant la couverture durable des besoins nationaux en énergie ;
- d’arrêter les programmes de développement des capacités de production électrique ;
- de planifier les infrastructures de transport et de distribution de l’électricité et du gaz.
La planification énergétique apparaît ainsi comme un levier stratégique, permettant d’anticiper les besoins futurs, d’éviter les déséquilibres et de sécuriser l’approvisionnement des citoyens et des secteurs économiques.
Un accent marqué sur la transition énergétique et l’innovation
L’un des apports majeurs du décret réside dans la place accordée aux énergies renouvelables et aux technologies émergentes.
Le ministre est chargé :
- d’initier et de piloter les programmes de développement des énergies renouvelables ;
- de promouvoir l’hydrogène comme vecteur énergétique d’avenir ;
- de contribuer à l’élaboration de la politique nationale de mobilité électrique ;
- de mettre en œuvre des actions concrètes de maîtrise de l’énergie et d’efficacité énergétique.
Le recours aux audits énergétiques, le contrôle des équipements à forte consommation et l’encadrement des bureaux d’études spécialisés traduisent une volonté de changer durablement les comportements énergétiques.
Une gouvernance fondée sur la réglementation, le contrôle et la sécurité
Le décret renforce également le rôle du ministère dans les domaines de la normalisation, de la sécurité industrielle et du contrôle technique.
À ce titre, le ministre :
- coordonne l’élaboration des normes et règlements techniques ;
- définit et veille à l’application des règles de sécurité industrielle ;
- encadre les installations électriques, gazières, renouvelables et hydrogène ;
- participe à l’élaboration des textes relatifs à la sûreté et à la sécurité nucléaires.
Cette dimension réglementaire vise à garantir un développement énergétique sûr, maîtrisé et conforme aux standards nationaux et internationaux.
Une action ministérielle ouverte sur l’international et l’économie
Le texte consacre également des compétences importantes en matière de :
- coopération internationale, notamment avec les organisations énergétiques régionales et mondiales ;
- veille énergétique internationale, pour suivre l’évolution des marchés et des technologies ;
- prospective et intelligence économique, afin d’anticiper les mutations du secteur.
Le ministre joue ainsi un rôle clé dans la projection internationale de la politique énergétique algérienne et dans l’attractivité du secteur pour l’investissement.
Une administration modernisée et orientée vers la performance
Enfin, le décret confie au ministre la responsabilité :
- de la gestion des ressources humaines et financières du secteur ;
- de l’approbation des budgets des organismes sous tutelle ;
- du développement de la communication institutionnelle ;
- de la numérisation de l’administration énergétique.
Cette orientation traduit une volonté de moderniser l’action publique, d’améliorer la transparence et d’accroître l’efficacité des structures administratives.
Le décret exécutif n° 26-12 du 7 janvier 2026 marque une étape importante dans la réorganisation de la gouvernance énergétique en Algérie. En définissant des attributions larges, cohérentes et orientées vers l’avenir, il dote le ministère de l’énergie et des énergies renouvelables des outils juridiques nécessaires pour relever les défis de la transition énergétique, de la sécurité d’approvisionnement et du développement durable.
Accessible dans ses principes, ambitieux dans ses objectifs, ce texte consacre une vision stratégique de l’énergie, désormais pensée comme un facteur de souveraineté, de croissance et de transformation économique.
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