Le décret exécutif n° 26-96 du 31 janvier 2026 marque une nouvelle étape dans la politique publique de modernisation du secteur de la formation et de l’enseignement professionnels en Algérie. Pris sur le fondement des dispositions constitutionnelles relatives à l’organisation administrative et au pouvoir réglementaire, ce texte consacre la création de huit instituts nationaux spécialisés de formation professionnelle (INSFP) répartis sur plusieurs wilayas du territoire national.
Un fondement juridique inscrit dans le cadre réglementaire existant
Le décret s’inscrit dans la continuité du décret exécutif n° 12-125 du 19 mars 2012 fixant le statut-type des instituts nationaux spécialisés de formation professionnelle. En se référant expressément à l’article 3 de ce texte, le pouvoir réglementaire ne crée pas un nouveau type d’établissement, mais procède à l’extension du réseau existant.
Il s’agit donc d’une mesure d’application d’un cadre juridique préalablement défini, ce qui traduit une démarche progressive d’implantation territoriale des structures de formation spécialisées.
Une implantation territoriale à vocation équilibrée
Le texte prévoit la création de huit instituts dans les wilayas suivantes :
- Chlef
- Batna
- Skikda
- Guelma
- Boumerdès
- El Tarf
- Tissemsilt
- Souk Ahras
Ce choix répond à une logique d’aménagement du territoire et de rapprochement de l’offre de formation des bassins d’emploi. La répartition géographique permet :
- de réduire les disparités régionales en matière d’accès à la formation qualifiante,
- d’accompagner le développement économique local,
- d’adapter les profils de formation aux spécificités sectorielles de chaque région.
Le rôle stratégique des INSFP dans le système de formation
Les instituts nationaux spécialisés occupent une place particulière dans l’architecture de la formation professionnelle. Ils assurent :
- des formations hautement qualifiantes,
- la préparation à des métiers techniques spécialisés,
- la formation de techniciens supérieurs,
- l’adaptation des compétences aux besoins du marché du travail.
Ils constituent ainsi un instrument de professionnalisation avancée, en lien direct avec les mutations économiques, technologiques et industrielles.
Une réponse aux enjeux de l’employabilité et de la diversification économique
La création de nouveaux INSFP s’inscrit dans une politique globale visant :
- l’amélioration de l’employabilité des jeunes,
- la réduction du chômage structurel,
- l’adéquation formation-emploi,
- l’accompagnement de la transition économique.
Ces établissements sont appelés à jouer un rôle central dans :
- la formation dans les métiers en tension,
- l’appui aux secteurs productifs,
- le développement des compétences techniques intermédiaires.
Une portée administrative et institutionnelle
Sur le plan juridique, le décret produit plusieurs effets :
- il donne une base légale à la création des établissements,
- il permet leur inscription dans l’organisation administrative du secteur,
- il ouvre la voie à la mobilisation des moyens humains, matériels et financiers nécessaires à leur fonctionnement.
La publication au Journal officiel confère au texte son caractère exécutoire et rend opposable la création de ces structures.
À travers le décret exécutif n° 26-96, les pouvoirs publics renforcent le maillage national des structures de formation professionnelle spécialisée. Cette mesure traduit une volonté d’adapter le système de formation aux exigences du développement économique, tout en favorisant l’équité territoriale et l’insertion professionnelle.
La création de ces instituts apparaît ainsi comme un outil structurant pour la qualification des ressources humaines et la construction d’un modèle de croissance fondé sur les compétences et les métiers techniques.
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