Le décret présidentiel n° 26-193 du 12 mai 2026 porte création du centre d’excellence algéro-italien de formation, de recherche et d’innovation dans le domaine agricole « Enrico Mattei ». Ce nouvel établissement, à vocation africaine, est placé sous la tutelle du ministère de l’agriculture, du développement rural et de la pêche.
Le texte prévoit que le centre est un établissement public à caractère scientifique et technologique doté de la personnalité morale ainsi que de l’autonomie financière et administrative. Son siège est fixé à Sidi Bel Abbès.
Le centre est créé dans le cadre du mémorandum d’entente signé entre l’Algérie et l’Italie le 23 juillet 2025 relatif à la coopération dans les domaines de la formation, de la recherche et de l’innovation agricoles.
Des missions orientées vers l’agriculture africaine
Le décret confie au centre plusieurs missions visant à renforcer les capacités nationales et africaines dans le domaine agricole, notamment à travers la formation spécialisée, la recherche appliquée et le développement de solutions technologiques innovantes.
Parmi les principales missions prévues :
- assurer des formations destinées aux jeunes issus des pays africains dans les domaines de l’agriculture et de l’agroalimentaire ;
- former des formateurs et des conseillers agricoles spécialisés ;
- soutenir la mobilité des apprenants entre les pays africains et l’Italie ;
- développer des programmes de recherche appliquée liés à la productivité agricole, à la préservation des ressources naturelles et au transfert de technologie ;
- contribuer à la modernisation de l’agriculture africaine grâce au déploiement de solutions technologiques ;
- promouvoir l’innovation et l’entrepreneuriat agricole durable ;
- renforcer la coopération régionale et internationale autour des questions liées à l’agriculture, à l’eau et aux changements climatiques.
Une gouvernance algéro-italienne paritaire
Le centre est administré par un conseil d’administration composé de seize membres représentant à parts égales les parties algérienne et italienne.
Pour la partie algérienne, plusieurs secteurs et institutions sont représentés, notamment :
- les ministères des affaires étrangères, de l’agriculture, de l’enseignement supérieur, de l’économie de la connaissance et de l’hydraulique ;
- l’agence algérienne de coopération internationale ;
- le Conseil national de la recherche scientifique et des technologies ;
- l’agence spatiale algérienne.
La partie italienne comprend également plusieurs ministères et organismes spécialisés dans l’agriculture, la recherche et la coopération internationale.
La présidence du conseil d’administration est assurée alternativement chaque année par les deux parties.
Le centre est également doté d’un conseil scientifique et pédagogique chargé d’émettre des avis et recommandations sur les programmes de recherche, de formation, d’innovation et de coopération scientifique.
Formation, recherche et innovation
Le décret prévoit que les programmes de formation du centre s’intègrent dans les dispositifs algériens d’enseignement et de formation. Les domaines de formation seront définis par le conseil d’administration après consultation du conseil scientifique et pédagogique.
Le centre pourra également développer des laboratoires, des unités de recherche et des services communs de recherche dans les domaines liés à l’agriculture et à l’innovation technologique.
Dispositions relatives au personnel et au financement
Les personnels administratifs et de soutien seront recrutés conformément au statut général de la fonction publique, tandis que les experts et personnels techniques nationaux et étrangers pourront être recrutés sur contrat temporaire.
Le texte prévoit également des facilités pour la délivrance de visas, de permis de résidence et de travail au profit des personnels étrangers appelés à intervenir dans le cadre des activités du centre.
Sur le plan financier, le budget du centre sera alimenté notamment par :
- la contribution de l’Etat algérien ;
- la contribution de la partie italienne ;
- les recettes générées par les activités du centre ;
- les revenus issus des brevets et publications ;
- les dons, legs et contributions d’organismes internationaux ou d’entreprises économiques.
Enfin, le décret prévoit que le centre bénéficie des avantages fiscaux prévus par la législation en vigueur.
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