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25 janv. , 2026

La création du Centre national de l’autisme : une nouvelle étape dans la structuration de la prise en charge en Algérie

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La création du Centre national de l’autisme : une nouvelle étape dans la structuration de la prise en charge en Algérie illustration

En Algérie, la question de l’autisme et, plus largement, des troubles du spectre de l’autisme (TSA) s’est longtemps posée dans un contexte marqué par l’insuffisance de structures spécialisées, la disparité des méthodes de prise en charge et une forte inégalité territoriale dans l’accès au diagnostic, au suivi médical, à l’accompagnement éducatif et au soutien des familles.

Jusqu’à présent, la prise en charge des personnes atteintes de TSA reposait essentiellement sur une multiplicité d’acteurs : établissements relevant de la solidarité nationale, structures de santé, écoles, centres de formation, associations et initiatives privées. Si ces efforts ont permis des avancées notables, ils se sont souvent heurtés à un manque de coordination nationale, à l’absence de référentiels unifiés et à des écarts importants dans la qualité des services proposés.

Dans ce contexte, l’adoption du décret présidentiel n° 26-09 du 7 janvier 2026, portant création du Centre national de l’autisme, marque une rupture importante. Ce texte s’inscrit dans la continuité des réformes engagées en matière de protection de l’enfant, de santé publique et de promotion des personnes ayant des besoins spécifiques, tout en traduisant une volonté politique claire : structurer, harmoniser et renforcer durablement la prise en charge de l’autisme à l’échelle nationale.

Au-delà de la création d’un nouvel établissement public, ce décret jette les bases d’un véritable pilotage national de la politique de l’autisme, fondé sur la coordination intersectorielle, l’expertise scientifique et l’accompagnement des familles.

La création d’un établissement public dédié à l’autisme

Le décret institue le Centre national de l’autisme comme un établissement public à caractère administratif, doté de la personnalité morale et de l’autonomie financière. Ce statut lui permet d’agir de manière relativement indépendante, tout en restant placé sous la tutelle du ministre chargé de la solidarité nationale.

Le choix d’un établissement public traduit la volonté de l’État de faire de l’autisme une priorité institutionnelle, intégrée pleinement dans les politiques publiques sociales, sanitaires et éducatives. Le siège du centre est fixé à Alger, ce qui en fait une structure nationale de référence, appelée à rayonner sur l’ensemble du territoire.

Cette création répond à un besoin longtemps exprimé par les professionnels et les familles : disposer d’un organe central capable d’unifier les pratiques, de définir des normes communes et d’assurer un suivi cohérent des actions menées dans le pays.

Des missions larges couvrant l’ensemble du parcours de la personne autiste

Le décret confie au centre des missions particulièrement étendues, qui couvrent toutes les étapes de la prise en charge, depuis le dépistage précoce jusqu’à l’intégration sociale et éducative.

1. Le diagnostic et le dépistage précoce

Le centre est chargé de mettre en place des mécanismes nationaux de diagnostic précoce, fiables et harmonisés. Il doit élaborer des protocoles de diagnostic individuels, assurer l’orientation des personnes concernées et organiser un suivi régulier de l’évolution des cas.

Cette mission est essentielle, car le diagnostic tardif constitue l’un des principaux obstacles à une prise en charge efficace de l’autisme.

2. La rééducation et le traitement

Le centre joue un rôle central dans l’élaboration d’outils de rééducation, de traitement et d’accompagnement, conformes aux normes scientifiques internationales. Il est également chargé de structurer un réseau national de centres médicaux et spécialisés, afin d’unifier les méthodes de prise en charge sur l’ensemble du territoire.

L’objectif est clair : garantir une qualité équivalente des soins et de l’accompagnement, indépendamment du lieu de résidence.

3. La formation des professionnels et des familles

Le décret accorde une place majeure à la formation, tant des professionnels que des parents. Le centre doit concevoir un plan national de formation, proposer des programmes spécialisés et périodiques, et définir les règles d’encadrement pédagogique et technique des centres spécialisés.

Cette approche reconnaît que la qualité de la prise en charge dépend directement des compétences humaines, et non uniquement des infrastructures.

4. Le soutien des familles et la sensibilisation

Le centre a également pour mission de développer des programmes de soutien psychologique et social pour les familles, d’organiser des activités favorisant l’échange d’expériences et de mettre en œuvre un plan national d’information et de sensibilisation sur l’autisme.

Cette dimension est fondamentale, car elle consacre une approche globale et inclusive, plaçant la famille au cœur du dispositif.

5. La recherche et les études scientifiques

Enfin, le centre est appelé à devenir un pôle national de recherche sur l’autisme. Il devra collecter des données, produire des statistiques nationales, organiser des colloques, établir des partenariats avec des universités et élaborer un guide national des bonnes pratiques.

Ces missions permettront d’orienter les politiques publiques sur la base de données fiables et actualisées.

Une organisation institutionnelle garantissant la coordination et l’expertise

Le fonctionnement du centre repose sur trois organes principaux :

  • un conseil d’administration, à composition intersectorielle, réunissant plusieurs ministères, des institutions nationales et des représentants associatifs ;
  • un directeur général, chargé de la gestion quotidienne, de la mise en œuvre des décisions et de la représentation du centre ;
  • un conseil scientifique, composé de spécialistes médicaux, universitaires et pédagogiques, garantissant l’ancrage scientifique des actions menées.

Cette organisation reflète une volonté de concertation, de transparence et de spécialisation, en associant les pouvoirs publics, les experts et la société civile.

Un cadre financier et matériel garantissant la pérennité du centre

Le décret prévoit un budget annuel inscrit au portefeuille du ministère de la solidarité nationale, alimenté notamment par des subventions de l’État, des collectivités locales et des recettes propres.

La gestion financière est soumise aux règles de la comptabilité publique, avec un contrôle budgétaire assuré par le ministère des finances, ce qui garantit la traçabilité et la bonne gouvernance des ressources.

L’État s’engage également à doter le centre des ressources humaines, matérielles et infrastructures nécessaires, condition indispensable à l’efficacité du dispositif.

Vers une politique nationale cohérente de l’autisme

Par la création du Centre national de l’autisme, le décret présidentiel n° 26-09 marque une avancée majeure dans la reconnaissance et la prise en charge des troubles du spectre de l’autisme en Algérie.

Ce texte ne se limite pas à instituer une nouvelle structure administrative : il pose les fondations d’une politique publique intégrée, fondée sur la coordination, la science, la formation et l’accompagnement humain.

À terme, ce centre pourrait devenir le pilier central d’un système national plus équitable, plus efficace et plus respectueux des besoins spécifiques des personnes autistes et de leurs familles, contribuant ainsi à une société plus inclusive et solidaire.


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