La circulaire n° 22/MF/DGI/LF.2026 du 14 avril 2026, émanant de la Direction générale des impôts, a pour objet de préciser les modifications introduites par l’article 102 de la loi de finances pour 2026 concernant la taxe additionnelle sur les produits tabagiques (TAPT). Ces ajustements s’inscrivent dans une logique de renforcement des ressources fiscales et de réorientation partielle de leur affectation, notamment au profit du secteur de la santé.
Économie générale de la réforme
La réforme opérée vise un double objectif. D’une part, elle procède à une révision à la hausse du tarif de la TAPT. D’autre part, elle modifie la répartition du produit de cette taxe entre les différents bénéficiaires institutionnels, en accordant une part accrue aux dispositifs de prise en charge sanitaire.
Rappel du régime applicable avant 2026
Avant l’entrée en vigueur de la loi de finances pour 2026, le tarif de la TAPT était fixé à 65 dinars par unité (paquet, bourse ou boîte). Le produit de cette taxe était réparti entre plusieurs bénéficiaires, notamment le fonds pour les urgences médicales, le fonds de lutte contre le cancer, la caisse nationale des assurances sociales des travailleurs salariés et le budget de l’État.
Révision du tarif de la TAPT
À compter du 1er janvier 2026, le tarif de la TAPT est porté à 75 dinars par unité, soit une augmentation de 10 dinars. Cette hausse traduit une volonté claire des pouvoirs publics de renforcer la fiscalité sur les produits tabagiques, à la fois pour des raisons budgétaires et de santé publique.
Nouvelle affectation du produit de la taxe
La circulaire précise également la nouvelle clé de répartition du produit de la TAPT. Les parts attribuées au fonds pour les urgences et les activités de soins médicaux ainsi qu’au fonds de lutte contre le cancer sont revues à la hausse, passant respectivement de 14 à 19 dinars et de 21 à 26 dinars. En revanche, les parts revenant à la caisse nationale des assurances sociales des travailleurs salariés et au budget de l’État demeurent inchangées.
Cette réaffectation traduit une priorité accrue accordée au financement du système de santé, notamment dans la prise en charge des pathologies lourdes liées, en partie, à la consommation de tabac.
Entrée en vigueur et mise en œuvre
Les nouvelles dispositions s’appliquent à compter du 1er janvier 2026. Les services fiscaux sont chargés d’assurer leur mise en œuvre effective, ainsi que leur large diffusion auprès des contribuables concernés. Ils doivent également veiller au suivi de leur application et faire remonter toute difficulté rencontrée.
Portée de la mesure
Au-delà de son aspect strictement fiscal, cette réforme s’inscrit dans une السياسة publique plus large visant à concilier rendement budgétaire et objectifs de santé publique. Toutefois, il convient de rester lucide : une hausse de taxe, à elle seule, ne garantit ni une baisse significative de la consommation ni une efficacité optimale sans dispositifs complémentaires de prévention et de contrôle.
Autrement dit, la mesure est cohérente sur le plan normatif, mais son efficacité dépendra largement de son articulation avec d’autres politiques publiques.
Vous êtes abonné ? Restez à jour en consultant les notes, communiqués et circulaires ainsi que l’ensemble des Codes en vigueur sur Legal Doctrine.
Restez à l’affût des dernières actualités juridiques en vous abonnant à notre newsletter Legal Doctrine.




