Le ministère de l’Industrie pharmaceutique a diffusé, en date du 26 février 2026, une note adressée aux établissements pharmaceutiques exportateurs de produits pharmaceutiques et de dispositifs médicaux, leur demandant de transmettre, dans un délai de quarante-huit heures, leur programme prévisionnel d’exportation pour l’exercice 2026, notamment le chiffre d’affaires prévisionnel. Cette démarche s’inscrit dans le cadre de la politique publique de promotion des exportations et de renforcement de la visibilité du potentiel national à l’international.
Une mesure relevant du pouvoir d’orientation et de régulation du secteur
Sur le plan juridique, cette note constitue un acte administratif interne à caractère organisationnel et informatif, par lequel l’administration sollicite des opérateurs économiques des données à finalité économique et stratégique. Elle ne crée pas, en principe, une nouvelle obligation réglementaire autonome, mais s’inscrit dans le cadre des prérogatives de l’autorité de tutelle en matière de suivi, de régulation et de développement du secteur pharmaceutique.
Le ministère exerce, à travers cette demande, sa mission de pilotage sectoriel, notamment en matière :
- d’évaluation des capacités nationales d’exportation,
- de planification des politiques de soutien,
- de coordination avec les dispositifs nationaux de promotion du commerce extérieur.
Un instrument de planification économique et de diplomatie commerciale
La transmission des prévisions d’exportation répond à une logique de gouvernance économique fondée sur l’anticipation. Elle permet à l’administration de :
- mesurer le volume potentiel des exportations,
- identifier les marchés cibles,
- mobiliser les instruments d’accompagnement (facilitation douanière, soutien logistique, accords commerciaux, promotion à l’international).
Cette démarche participe également à la construction d’une stratégie nationale d’exportation hors hydrocarbures, dans laquelle l’industrie pharmaceutique occupe une place croissante en raison de sa valeur ajoutée et de son potentiel technologique.
La question de la nature obligatoire de la transmission des données
La note utilise la formule « il est demandé », ce qui appelle une analyse quant à sa portée contraignante. En l’absence de référence explicite à un texte réglementaire prévoyant une obligation de déclaration, cette demande s’apparente davantage à une mesure de coopération administrative avec les opérateurs économiques qu’à une obligation assortie de sanctions.
Toutefois, dans un secteur fortement régulé comme celui de l’industrie pharmaceutique, la relation entre les établissements et l’autorité de tutelle repose sur un principe de collaboration permanente. Dès lors, la transmission de ces informations peut être perçue comme une exigence fonctionnelle liée à l’obtention d’un accompagnement institutionnel ou à l’accès aux dispositifs publics de soutien à l’exportation.
Les implications en matière de confidentialité des données économiques
Les informations demandées – notamment le chiffre d’affaires prévisionnel à l’export – revêtent un caractère stratégique pour les entreprises concernées. Leur communication à l’administration implique donc le respect de garanties liées à :
- la protection du secret des affaires,
- l’utilisation des données exclusivement à des fins de planification et de suivi,
- la sécurisation des canaux de transmission.
L’administration est tenue, dans ce cadre, d’assurer la confidentialité des données collectées et de ne pas en faire un usage susceptible de porter atteinte à la concurrence ou aux intérêts économiques des opérateurs.
Un outil de structuration de la filière pharmaceutique exportatrice
Au-delà de son aspect déclaratif, cette note traduit la volonté de structurer la filière exportatrice pharmaceutique autour d’une vision consolidée et chiffrée. Elle permet :
- d’identifier les entreprises actives à l’international,
- d’évaluer leur capacité de croissance,
- d’adapter les mécanismes d’appui public.
Elle constitue ainsi un instrument de gouvernance sectorielle orienté vers la performance et l’intégration du médicament et du dispositif médical algériens dans les marchés extérieurs.
La demande de transmission des programmes prévisionnels d’exportation pour l’année 2026 s’inscrit dans une logique de pilotage stratégique du secteur pharmaceutique et de promotion des exportations. Bien qu’elle ne crée pas, en elle-même, une obligation réglementaire classique, elle participe d’un mode de régulation fondé sur la coopération entre l’administration et les opérateurs économiques.
Elle illustre, plus largement, l’évolution vers une gestion anticipative des politiques industrielles et commerciales, dans laquelle la donnée économique devient un levier essentiel de planification, d’accompagnement et de projection internationale.
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