L’évolution du cadre juridique régissant le marché financier algérien s’inscrit dans une dynamique de modernisation des mécanismes de transparence et de renforcement de la gouvernance des sociétés faisant appel public à l’épargne. Dans cette perspective, l’approbation par la Commission d’Organisation et de Surveillance des Opérations de Bourse (COSOB) d’un nouveau règlement relatif aux obligations d’information des sociétés cotées constitue une étape structurante pour la consolidation de la confiance des investisseurs et l’alignement du droit boursier national sur les standards internationaux.
Un fondement juridique au service de la transparence financière
Le règlement adopté s’inscrit dans le prolongement des textes régissant le marché des valeurs mobilières et des missions confiées à la COSOB en matière de contrôle, de régulation et de protection de l’épargne investie en valeurs mobilières. Il vise principalement à préciser et à renforcer les obligations d’information périodique et occasionnelle pesant sur les sociétés cotées.
La transparence financière apparaît ici comme un principe structurant du droit boursier. Elle permet d’assurer l’égalité d’accès à l’information entre les investisseurs, condition essentielle au bon fonctionnement du marché et à la sincérité de la formation des prix.
Le renforcement des obligations d’information
Le nouveau dispositif met l’accent sur plusieurs axes majeurs :
- la publication régulière d’états financiers fiables et certifiés ;
- la communication immédiate de toute information susceptible d’influencer le cours des titres ;
- l’encadrement des délais et des modalités de diffusion de l’information financière.
Ces exigences traduisent la volonté du régulateur d’instaurer un cadre normatif plus rigoureux en matière de divulgation, réduisant ainsi les asymétries d’information et les risques d’abus de marché.
Gouvernance des sociétés cotées et responsabilité des dirigeants
Au-delà de la seule information financière, le règlement consacre une approche plus globale de la gouvernance des sociétés cotées. Les organes de direction se voient investis d’une responsabilité accrue quant à la qualité, à la fiabilité et à la diffusion de l’information communiquée au public.
Cette évolution participe à l’émergence d’un véritable droit de la gouvernance boursière en Algérie, fondé sur :
- la responsabilité des dirigeants sociaux ;
- le rôle renforcé des organes de contrôle interne ;
- la traçabilité des décisions ayant un impact sur les investisseurs.
Un instrument d’attractivité du marché financier
L’adoption de ce nouveau règlement répond également à un objectif économique : améliorer l’attractivité du marché financier algérien. En renforçant la sécurité juridique et la lisibilité de l’information financière, le régulateur crée les conditions favorables à l’orientation de l’épargne vers le financement des entreprises.
Cette réforme s’inscrit ainsi dans une logique plus large de diversification des sources de financement de l’économie nationale et de développement du marché des capitaux.
Une convergence avec les standards internationaux
L’évolution du cadre réglementaire témoigne d’une volonté d’alignement progressif sur les meilleures pratiques internationales en matière de reporting financier et de gouvernance. Cette convergence est essentielle pour favoriser l’intégration du marché financier algérien dans les circuits d’investissement régionaux et internationaux.
Le nouveau règlement de la COSOB marque une avancée significative dans la structuration du droit boursier algérien. En consacrant la transparence financière comme principe central et en renforçant les exigences de gouvernance des sociétés cotées, il contribue à la protection des investisseurs, à la crédibilité du marché et à la modernisation du système financier national.
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