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Mécanisation agricole : un Conseil national créé pour définir et piloter la stratégie nationale
Le décret exécutif n° 26-296 du 22 septembre 2026 crée le Conseil national de la mécanisation agricole et fixe ses missions, son organisation et son fonctionnement.
Institué sous l’autorité du Premier ministre ou du Chef du Gouvernement, selon le cas, ce nouvel organe a pour mission principale de proposer au Gouvernement la stratégie nationale de mécanisation agricole et de veiller à son application.
Le dispositif associe plusieurs départements ministériels, des organismes publics, des représentants du secteur agricole, des opérateurs économiques ainsi que des membres de la communauté scientifique. Il prévoit également la création de deux comités spécialisés et d’une plateforme numérique destinée au suivi des activités du Conseil.
Un nouvel organe chargé de proposer la stratégie nationale de mécanisation agricole
L’article 1er du décret consacre la création du Conseil national de la mécanisation agricole et précise que son objet consiste à fixer ses missions, son organisation et son fonctionnement.
La mission centrale du Conseil est définie à l’article 2 : il doit proposer au Gouvernement la stratégie nationale de mécanisation agricole et veiller à son application.
Cette compétence est déclinée autour de plusieurs axes.
Le Conseil est notamment chargé de proposer une feuille de route à moyen terme, structurée en plans d’actions opérationnels destinés à renforcer la mécanisation agricole. Il doit également veiller à la coordination des actions menées par les différents intervenants dans ce domaine.
L’objectif est ainsi de disposer d’un cadre permettant de coordonner les initiatives relevant de plusieurs administrations et acteurs professionnels autour d’une politique commune de mécanisation.
Faciliter l’accès aux équipements et soutenir les coopératives agricoles
Le Conseil est également habilité à proposer des mesures susceptibles de faciliter l’accès des agriculteurs aux équipements agricoles modernes.
Cette mission est complétée par la possibilité de proposer des mesures incitatives en faveur des coopératives agricoles, notamment pour l’acquisition de matériel.
Le décret intègre également la question du développement du réseau de maintenance, d’entretien et de formation lié au machinisme agricole.
La mécanisation est donc envisagée dans une approche qui ne se limite pas à l’acquisition des équipements. Le texte prend également en compte les conditions nécessaires à leur utilisation durable, notamment leur entretien, leur maintenance et la formation des techniciens et des utilisateurs.
Cette approche conduit à considérer l’accès au matériel comme un ensemble comprenant à la fois les équipements, les infrastructures de maintenance et les compétences nécessaires à leur exploitation.
Modernisation, innovation et agriculture de précision
Le Conseil reçoit par ailleurs pour mission de formuler des propositions destinées à renforcer la compétitivité et améliorer la productivité des exploitations agricoles.
À ce titre, le décret prévoit notamment l’encouragement de l’utilisation de solutions innovantes orientées vers un machinisme agricole intelligent et connecté.
Le texte prévoit également la définition des normes et standards d’utilisation du matériel agricole, ainsi que le soutien aux start-up intervenant dans la mécanisation agricole et l’agriculture de précision.
Ces dispositions introduisent ainsi une dimension technologique dans la politique de mécanisation agricole, avec une ouverture vers les équipements connectés, les solutions innovantes et les technologies liées à l’agriculture de précision.
Le Conseil est ainsi appelé à proposer des orientations couvrant à la fois les équipements traditionnels, leur modernisation et l’intégration de nouvelles solutions technologiques.
Encourager la fabrication locale et répondre aux contraintes du terrain
Le décret confie également au Conseil une mission de promotion du développement de la fabrication locale d’équipements agricoles adaptés aux conditions agro-climatiques algériennes.
Cette orientation vise à rapprocher la conception et la production des équipements des besoins spécifiques des exploitations agricoles et des conditions dans lesquelles le matériel est utilisé.
Le Conseil doit également examiner les questions relatives à la disponibilité des pièces de rechange, aux capacités de maintenance ainsi qu’à la formation des techniciens et des utilisateurs.
Le texte appréhende donc la mécanisation comme une chaîne industrielle et technique complète, depuis la production du matériel jusqu’à son utilisation, son entretien et la formation des professionnels.
Une composition interministérielle et professionnelle
Le Conseil présente une composition largement interministérielle.
Il comprend notamment un représentant du ministère de la Défense nationale ainsi que les ministres chargés de l’intérieur et des collectivités locales, des finances, de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, de l’industrie, de l’agriculture, du commerce extérieur, du commerce intérieur, des start-up, de la formation et de l’enseignement professionnels et de l’hydraulique.
S’y ajoutent le directeur général de l’Agence spatiale algérienne, le président de l’Association professionnelle des banques et des établissements financiers, le directeur général de l’Office algérien interprofessionnel des céréales, le président de la Chambre nationale d’agriculture et le secrétaire général de l’Union nationale des paysans algériens.
Le Conseil comprend également cinq représentants des agriculteurs et des professionnels, désignés par le ministre chargé de l’agriculture, trois opérateurs économiques liés à la mécanisation agricole désignés par le ministre chargé de l’industrie, ainsi que deux représentants de la communauté des chercheurs et scientifiques désignés par le ministre chargé de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique.
Cette composition traduit la volonté d'associer, autour de la mécanisation agricole, les administrations concernées, les professionnels, les opérateurs économiques, le secteur bancaire et la communauté scientifique.
Le Conseil peut en outre faire appel à toute personne physique ou morale dont la participation est jugée utile en raison de ses compétences techniques ou de son expertise avérée.
Un secrétariat assuré par le ministère chargé de l’agriculture
Le secrétariat du Conseil est assuré par les services du ministère chargé de l’agriculture.
Il est notamment chargé de transmettre aux membres les dossiers inscrits à l’ordre du jour des réunions et d’établir les projets de procès-verbaux.
Le Conseil se réunit au minimum deux fois par an, et autant de fois que nécessaire, sur convocation de son président.
Ses travaux donnent lieu à un procès-verbal recensant les recommandations et avis arrêtés lors des réunions.
Le fonctionnement prévu par le décret repose ainsi sur des réunions régulières, un suivi documentaire des dossiers et une formalisation des travaux à travers des procès-verbaux.
Deux comités spécialisés pour accompagner le Conseil
Le décret prévoit que le Conseil est assisté de deux comités placés auprès du ministre chargé de l’agriculture.
Le premier, dénommé « comité d’ingénierie agricole », réunit les utilisateurs et les fabricants de matériel agricole ainsi que des représentants des ministères de la Défense nationale et de l’Industrie.
Sa mission consiste à œuvrer à l’adaptation de la production nationale aux besoins des agriculteurs et des professionnels.
Le second, le « comité des experts seniors », regroupe des agriculteurs, des opérateurs et toute autre personne disposant de qualifications professionnelles de haut niveau fondées sur l’expérience pratique et le savoir-faire acquis sur le terrain.
Sa mission est de valoriser cette expérience afin de concevoir et de mettre en place des solutions pratiques et pragmatiques répondant aux besoins des agriculteurs.
Ces deux structures apportent ainsi des approches complémentaires : l’une davantage tournée vers l’adéquation entre l’offre industrielle et les besoins des utilisateurs, l’autre vers la mobilisation de l’expérience de terrain.
Un suivi des comités intégré aux travaux du Conseil
Le ministre chargé de l’agriculture doit présenter, lors de chaque réunion du Conseil, un rapport sur les activités des deux comités, ainsi que sur les avis et recommandations qu’ils ont formulés.
Le décret établit ainsi un lien direct entre le travail des comités et les réunions du Conseil.
Les contributions techniques et professionnelles produites par ces structures doivent être portées à la connaissance du Conseil dans le cadre de ses travaux, permettant d’alimenter la réflexion et les propositions soumises au Gouvernement.
Une plateforme numérique et un rapport annuel transmis au Président de la République
Le décret prévoit par ailleurs la création d’une plateforme numérique dédiée aux activités du Conseil.
Cette plateforme constitue un outil destiné au suivi des activités de l’organe.
Le dispositif comporte enfin une obligation de reddition annuelle : le Conseil doit élaborer un rapport annuel de ses activités qu’il soumet au Président de la République.
Cette obligation complète le mécanisme de suivi instauré par les procès-verbaux des réunions et par la plateforme numérique.
Une gouvernance transversale de la mécanisation agricole
Avec la création du Conseil national de la mécanisation agricole, le décret du 22 septembre 2026 met en place une structure de coordination et de proposition couvrant les principales dimensions de la mécanisation : stratégie, équipements, financement, fabrication locale, maintenance, formation, innovation et agriculture de précision.
Le texte organise également une participation conjointe des administrations, des agriculteurs, des industriels, des opérateurs économiques et des chercheurs.
La portée du Conseil doit toutefois être appréciée conformément aux compétences qui lui sont attribuées par le décret : celui-ci est notamment chargé de proposer la stratégie nationale et des mesures destinées à renforcer la mécanisation agricole, ainsi que de veiller à l’application de cette stratégie. Il ne constitue pas, aux termes du texte, une nouvelle autorité réglementaire autonome se substituant aux administrations compétentes.
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